pochette Latitude 43Rouge Nuit

Amour
(P.Mono / P.Mono)
Finie la période bleue, place à la période cure
Les « Cherokee » les « Picasso » sont dans les voitures
J’suis pas près d’baisser les yeux, ma garde et tout l’toutim’
Mur après mur, j’décime la chenille processionnaire qui prolifère
En professionnel j’attends le prochain cap, la prochaine désintox’
Au loin j’en vois qui démâtent, la mer c’est de la boxe
Vue du ring, j’veux du sel et de l’iode
J’sais pas pourquoi, j’sais même pas comment

Amour
Je cours après l’exode, j’écris nos lignes
Mon discours sur leurs méthodes, ce sera toujours « Let it bleed »
Tu saignes ? Je sais, amour

Finies les paillettes argentées, les ersatz d’effort
Passée la période gantée, place à la période gore, allez
Allez dire aux éclats de bombes d’arrêter les cocktails
Et si le mensonge croît, tout l’monde sur ses deux oreilles
En crève. Moi je prie pour que repousse une graine

D’amour, toujours après l’exode, j’écris nos lignes
Mon discours sur leurs méthodes, ce sera toujours « Let it bleed »
Tu saignes ? Je sais, amour

T’aimer pour tout refaire, le monde est plus que stone
Faire de l’air qui remue la terre, et le ciel me pardonne
Vouloir faire tourner mes pépites, à la vitesse des satellites
Et sache que si t’as les pépettes, petite, moi je redoute les exodes

de l’ amour, j’écris nos lignes
Mon discours sur leurs méthodes, ce sera toujours « Let it bleed »
Tu saignes ? Je sais, amour
Amour…
Toujours « let it bleed »
Tu saignes ? Je sais, amour


De La Haine
(P.Mono / P.Mono)
Je me souviens de cette petite
Cigarette sur cigarette
Une fille aux humeurs lunatiques
Qui n’en faisait qu’a sa tête
Elle venait traverser mes jours
Comme on peut traverser la cour
La sienne donnait sur une impasse
Et je me tenais juste en face

Je me souviens surtout de la haine
De la haine
Je me souviens surtout de la haine
De la

Je me souviens de cette époque
Bille en tête bille en tête
De cette petite fille en toc
Qui aimait les boules à facettes
Et de ce fameux mois d’avril
Découverte sur découverte
La môme coupait comme un fil
Mon âme devenue muette

Je me souviens surtout de la haine
De la haine
Je me souviens surtout de la haine
De la haine

Je me souviens de cette petite
Cigarette sur cigarette


La Nuit
(P.Mono / P.Mono)
Face factice, et même de profil, la nuit
Tous les chats se grisent, tandis que la police
Tourne la nuit, les souris se glissent, s’immiscent
Dansent encore et pire, narguent la nuit, la nuit
On l’attend, on l’espère, on la redoute, on la craint
Mais quand le jour a la peste, viens, reste

La nuit vient, reste la nuit, viens, reste

On la chasse, on la cherche
On voudrait savoir où elle crèche
On la chasse, on la cherche
On voudrait savoir où elle crèche
La vie, toute la vie pourvu que sèchent
Les larmes et les prêches, pas pris
On s’amuse, on exagère, on abuse
On n’est pas fiers, mais ‘faut qu’on oublie
Les larmes, ceux qui arment la nuit

Viens, reste la nuit, viens, reste

Avec ou sans espoir, et même avec toi
Toutes les nuits, toutes les nuits sont noires
Même si les champs et les chars s’illuminent
Au bar on s’baratine, moi je me barre comme Caradine
Sans carabine, le jour a la peste

Viens, reste la nuit, viens, reste
La nuit, viens, reste la nuit
(ad lib.)


Sur Les Hauteurs
(P.Mono / P.Mono)
Sur les hauteurs, en amont des cordées
On en avale des couleuvres, même les sherpas sont fatigués
Sur les hauteurs, c’était à prévoir
Sur les arêtes en dents de scie, la nuit s’apprête à pleuvoir

Sur les hauteurs
Dans les éboulis se délient les langues
On connaît ce lit, cette rivière exsangue
Dans les éboulis, les pierres roulent toutes les heures
Et l’ on sait ici, maintenant, ce qui s’passe
Ailleurs, ici, maintenant, ce qui s’passe

Sur les hauteurs la nature est plus hostile
Seules quelques couvertures survivent
Sur les hauteurs l’ oxygène se raréfie
Dessous d’ tables, pots d’vin, les fables des assassins

Sur les hauteurs
Dans les éboulis se délient les langues
On connaît ce lit, cette rivière exsangue
Dans les éboulis, les pierres roulent toutes les heures
Et l’ on sait ici, maintenant, ce qui s’ passe

Jusqu’à la mer qui se fâche
À tombeaux ouverts, les bombes se lâchent
Déferlent, innocents, les Mickeys sur la calandre
Mais à la crête des vagues, au sommet des lames

Sur les hauteurs, on connaît ce lit, cette rivière exsangue
Dans les éboulis, les pierres cassent toutes les heures
Et l’on sait ici, maintenant, ce qui s’passe, ailleurs
Ici, maintenant, ce qui s’passe, ailleurs, ici, maintenant
Ce qui s’passe, ici, maintenant, ailleurs.


Voyager
(P.Mono / P.Mono)
Pas assez voyagé, pas assez dit « je t’aime »
A ma planète bleue noire de monde
Ma bête de somme saturée d’ondes
Pas assez de transhumances
Pas assez consumé d’essence, l’existence
Pourtant j’ai vu Ramallah, Jérusalem
« Inch’Allah”, “Shalom Aléhem”
L’Ecosse, la Corse et puis la Grèce
J’ ai volé son cœur à Artémis
Bu son corps comme un vin de messe
La déesse était métisse

Embarquer, voyager, bouger son dos, ses fesses
Changer, voyager, oser les choses, décoller de sa glaise

Vécu cent fois les mêmes « peut-être »
L’amour, une balle de neuf millimètres
Pour l’extraire, me soustraire, j’ trouvais rien d’autre à faire
Que me plaindre, brasser de l’air, j’oubliais l’Iran, l’Irak à la télé
Le Liban, le Darfour grâce à Georges Clooney

Pas assez voyagé, bougé mon dos, mes fesses
Embarqué, navigué, pour oser les choses, décoller de ma terre

On apprend d’abord ses leçons dans les livres
Et puis dans l’ corps, le plomb de la vie
On grandit, on s’aime et on s’enivre
On fait la fête et l’on rêve d’autres rives
Parce que nul n’est prophète en son pays

Traverser, tant marcher, bouger son dos, ses fesses
S’embarquer, naviguer, oser les choses, oser les choses

Ramallah, Jérusalem, “Inch’Allah”, “Shalom Haléèm”
Voyager, voyager, voyager, voyager


Suspense
(P.Mono & Jean Fauque / P.Mono)
Sur la corniche se nichent des vautours et rien autour
Ici tout est non sens, ici tout est si terne
On a soif, on a faim, au pied des camions citernes
Et le monde, à la fin, mais qu’est-ce qu’il se traîne
Tant de désolation, ça donne des insolations
J’en ai là, plein la tête, et Dieu dans tout ça
Pourrait-il faire un peu moins, ou juste un peu mieux
Qu’est-ce qu’il attend à la fin, qu’est-ce qu’il nous veut
Les violences, l’ignorance, ont la grâce des potences
Quand elles se balancent, j’attends

Mais pas de suspense, tout est en suspension, tout est puissance, tensions,
Le héros ne meurt jamais, l’héroïne se repoudre avant de se pâmer,
l’attente est si lourde
Mais pas de suspense, non

Quand le monde est plombé, quand se vident les foudres
Quand les pics acérés lui font cracher la poudre
Du plus profond de son cœur, de là-haut il peut tomber
Revoir le plus infime du film de sa vie, dans une chute infinie
Drapeaux en berne, les escortes de cloportes
Plus vraies que nature morte, m’insupportent
J’attends

Mais pas de suspense, tout est en suspension, tout est puissance, tensions,
Le héros ne meurt jamais, l’héroïne se repoudre, avant de se pâmer,
l’attente est si lourde
Mais pas de suspense, non non non


Ma Bohème
(Arthur Rimbaud / P.Mono)
Je m’en allais, les poings dans mes poches crevées ;
Mon paletot aussi devenait idéal ;
J’allais sous le ciel, muse ! et j’étais ton féal ;
Oh ! là ! là ! que d’amours splendides j’ai rêvées !

Mon unique culotte avait un large trou.
– Petit Poucet rêveur, j’égrenais dans ma course
Des rimes. Mon auberge était à la Grande Ourse.
– Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou.

Et je les écoutais, assis au bord des routes,
Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes
De rosée à mon front, comme un vin de vigueur ;

Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,
Comme des lyres, je tirais les élastiques
De mes souliers blessés, un pied près de mon cœur !


400 Coups
(P.Mono / P.Mono)
Parfois j’aimerais ne jamais avoir connu la nuit
Ne pas même avoir vu le jour, porté ce fardeau, goûté ce fruit
Parfois j’aimerais ne jamais avoir porté pâle
Ne jamais avoir menti, ni fait du mal
Que sont mes amis devenus ? Que sont mes amours devenues ?
Que reste-t-il de nos quatre cents coups ?
De nos p’tites chaînes pendues à nos cous
De nos p’tites chaînes pendues à nos cous

Tu sais, j’aimerais ne jamais avoir pris peur
Ne jamais avoir ressenti ce pic tournoyer dans le coeur
Pour remplir ton âme de confiance et de miel
D’ambre, de myrrhe, de coriandre et de ciel
Que jamais je ne t’ai déçu, que jamais je ne t’ai perdu
Que reste-t-il de nos quatre cents coups ?
De nos p’tites chaînes pendues à nos cous
De nos p’tites chaînes pendues à nos cous

Tu sais, j’aimerais ne jamais avoir été témoin
De l’innocence volée à la chair de l’ être humain
Emporté comme fétus de paille dans le fracas des corps et des sexes
Au fond d’un océan de ferraille, d’un abîme de têtes
Que sont les soldats devenus ? Ceux de l’âme du monde inconnu
Que reste-t-il de leurs quatre cents coups ?
De leurs p’ tites chaînes pendues à leurs cous
De leurs p’ tites chaînes pendues à leurs cous

Quatre cents coups, quatre cents coups
Quatre cents coups, quatre cents coups


Sérénade
(P.Mono / P.Mono)
Si je traîne toute la semaine en bas d’chez elle
Faut pas croire, si je l’aime, c’est obscène
C’est pas ses histoires, ça ne devrait pas être, son problème
Elle n’y est pour rien, ni personne
Et surtout pas des personnes comme moi
À court de mots doux, pas toujours maître
Et qui s’expriment en amour, s’ escrimant sous des fenêtres

Je brâme, mi-ange mi-bête, ma sérénade
Mi-ange mi-bête, ma sérénade

Qu’on apprête la berline, ça sent le vieux tour en cuir
À la campagne, à la mer, en bateau ivre
Partir sur une île déserte, très peu pour moi
Mais un tout p’tit peu quand même, si c’était avec toi
Mea Culpa, pour toutes ces fois
Et si j’aime les piqûres de guêpes comme toi

Si je brâme, mi-ange mi-bête, ma sérénade
Mi-ange mi-bête, la sérénade

On se rate toujours, mais je t’observe
À l’heure qu’il est, à distance
Tu dois être en cours d’éducation libre et intense

Mi-ange mi-bête, loin de ma sérénade
Mi-ange mi-bête, ma sérénade, mi-ange mi-bête
La sérénade, mi-ange mi bête

On se rate toujours, mais je t’observe
À l’heure qu’il est, à distance
Tu dois être en cours d’éducation libre et intense


Mésalliance
(Jean Fauque / P.Mono)
Tu m’as appris la confiance, tu m’as apprivoisé, tu m’abricot d’été
Tu m’as appris l’insouciance, tu m’as appris partout
La brume s’effiloche, le temps ne sera pas trop moche
Il va faire beau pour tes beaux yeux, je f’rai l’ beau si on est deux
Tu m’as pris par la main, tu m’as pris pour ton amant
Tu m’as prié de rester, tu m’as pris tu m’as lesté, tu m’as prisonnier

Dans le petit matin, les matous, font des mésalliances
Et moi du bout des doigts, j’ te dis vous, j’ te passe mes alliances

T’es ma « prima donna », ma priorité, tu m’as privatisé
Tu m’as tant privilégié, tu m’as appris ton manège
Tu m’as appris à apprendre, j’ai pris plaisir à te prendre
On est allé jusqu’à s’éprendre, tu m’as pris au piège

Dans le petit matin, les matous, font des mésalliances
Et moi du bout des doigts, j’ te dis vous, j’te passe mes alliances

Tu m’as pris la tension, tu m’as pris électrique

Dans le petit matin, les matous, font des mésalliances
Et moi du bout des doigts, j’te dis vous, j’te passe mes alliances
J’me passe des mésalliances, de mes alliances
Tu m’as appris la confiance, la confiance


Get Down
(P.Mono / P.Mono)
On n’arrête pas d’causer, y en a encore pour mille ans
Tant d’avance ça va nous avancer, à quand ?
Assis, sur la bande d’arrêt d’urgence
Les secours devraient bientôt arriver, maintenant
S’embrasser sous la grande ourse
Se caresser comme des nounours
Plus le temps, ‘faut redescendre

Les vautours tournent encore
Au-dessus de la vallée d’la mort
Piper les dés, abuser, wow ho
J’s’rai jamais d’accord
Get down
Why our children so angry ? Wow oh, how does it feel ?
From the start this world seems to run the same :
Power, glory, and the shame

Jusqu’au cœur dans la cible, les larmes de crocodiles coulent
invincibles
S’étonner d’une pirouette, s’émerveiller d’un truc tout bête
Plus l’temps, tout fait écran

Les vautours tournent encore
Au-dessus d’la vallée d’la mort
Piper les dés, abuser, wow ho
J’s’rai jamais d’accord
Get down
Why our children so angry ? Wow oh, how does it feel ?
From the start this world seems to run the same :
Power, glory, and the shame

Majeure, vaccinée, la majorité
Merci l’inertie, marquée, scarifiée, la fraternité
Merci l’inertie, merci beaucoup

Les vautours tournent encore
Au-dessus d’la vallée d’la mort
Piper les dés, abuser, wow ho
J’s’rai jamais d’accord
Get down
Why our children so angry ? Wow oh, how does it feel ?
From the start this world seems to run the same :
Power, glory, and the shame