Latitude 43

(NDH Music / 2013)

  • Guitar & Vocals : Pascal Mono
  • Bass : Patrick Loiseau
  • Drums : Sylvain Joasson
  • Réalisation : Stephan Blaess

Lyrics

A Notre Place
On a pris l’habitude de tenir pour vrai
Ce que la multitude veut nous faire avaler
On en a oublié jusqu’au sens même des mots
On en a oublié de les garder au chaud

Et ça, personne ne le fera à notre place
Personne ne nous couvrira de grâce
Personne ne se lèvera pour nous, à notre place
Personne ne vivra debout à notre place

Caché dans le jardin d’Eden désolé
Craignant l’eau du bassin, trop tiède ou gelée
Recouvert du silence de ceux qu’on a aimé
On se mure dans l’absence, et l’on jette les clés
Plus personne pour se glisser dans votre espace
Encore moins pour se douter de la menace

Non personne ne se lèvera pour nous, à notre place
Personne ne vivra debout à notre place
A notre place
PersonneToujours les mêmes flingues, en boucle les mêmes thèmes
Toujours les mêmes dingues, des States au Yémen
Tomber de moins haut, ça je crois qu’on ne peut pas
Déjà tombés bien bas, plus bas ce serait quoi ?Non personne ne se lèvera pour nous, à notre place
Personne ne vivra debout à notre place
A notre place
Personne
A notre place
Personne

 
Charme Absolu
J’ ai pas laissé tomber, j’ai cru qu’ y avait un après victoire et défaite
en mon âme défunte
Manque de cul, j’ai cru qu’ il y avait un truc
Mais j’avais comme dans la tête, une ruse, une feinte

Et j’me s’rais crevé les yeux, plutôt que de me voir
Me mentir à toi-même, et tous les jours de devoir
Sur ce « je t’aime », revenir

Malgré ce que j’ai dû douter, tu t’en doutes
Rien ne me fera plus changer de route
Quand je crois que j’y crois plus
Personne ne me croit plus, et pire que ça

Pile à la face du Monde
Rêver de choses immondes
Jeter mon dévolu
Charme absolu

Je ferais tout pour elle qui me voit au réveil
En semi-paupière, ma brune
Aux dernières nouvelles, j’aurais perdu le sommeil
Je le dis au soleil, à la lune

Tout l’monde sait c’qu’est la beauté
C’est c’qui fait sa laideur
Pour vivre heureux, vivons cachés
Mes frères et mes sœurs

Et se crever les yeux, plutôt que de se voir
Se mentir à soi-même, et tous les jours de devoir
Sur ce même thème, revenir

Pile à la face du Monde
Rêver de choses immondes
Jeter mon dévolu
Charme absolu

Et pour encore un peu, ç’aurait été la totale
Et j’me s’rais tiré une balle, mais ça m’aurait fait du tort
Puis on va pas s’ affoler pour quelques oiseaux fâchés qui se plument les ailes
Et qui n’ont pas trop de mal à faire ce mal

Malgré ce que j’ai dû douter, tu t’en doutes
Rien ne me fera plus changer de route
Quand je crois que j’ y crois plus
Personne ne me croit plus, et pire que ça !

Pile à la face du Monde
Rêver de choses immondes
Jeter mon dévolu
Charme absolu

Jeter mon dévolu
Charme absolu
Jeter mon dévolu
Jeter mon dévolu
Charme absolu

 
Michèle
Jusqu’à ta porte Michèle,
Maint’nant qu’les larmes dardent mes paupières
Maint’nant qu’il pleut sur le velours mauve
Où tu reposes en paix
Maint’nant qu’j’la porte du mieux qu’je peux
La croix de guerre

La faucheuse a fauché, m’a fauché mon herbe folle
Ma poupée des farandoles
Six semaines avant c’était l’grand-père, en plein été les pieds devant
Je revois les corps dans les bières, et je sais que la mort ment
Que l’on perd tous contre le temps

Jusqu’à ta porte Michèle,
Maint’nant qu’les larmes dardent mes paupières
Maint’nant qu’il pleut sur le velours mauve
Où tu reposes en paix
Maint’nant qu’j’la porte du mieux qu’je peux
La croix de guerre

Tes enfants t’ont toujours appelé par ce nom de code
De résistante: « Michèle », ‘fallait l’faire !
Dénoncée le jour de tes vingt ans, par des voisins carrément
Maint’nant j’sais qu’c’est pour ça qu’t’aimais pas les anniversaires
Pour tes vingt ans, grand-mère

Je t’imagine en rêve et lis sur tes lèvres, jusqu’au bout de la nuit
Avec pour seul lit, une poupée polonaise
Échangée dans une baraque de Ravensbrück
Ou était-ce Buchenwald dont tu t’étais évadée ?
Papillon, Michèle

Jusqu’à ta porte, grand-mère
Maint’nant qu’les larmes dardent mes paupières
Maint’nant qu’il pleut sur le velours mauve
Où tu reposes en paix
Maint’nant qu’j’la porte du mieux qu’je peux
La croix de guerre

Sacrifiée sur l’autel de l’histoire, tu n’en a jamais fait état
Devoir de mémoire, et de voir les hommes
Regardez, et prenez garde à la chenille grégaire
A ne faire payer les autres ce qu’on ne peut payer soi-même
De droite, de gauche, sur la rivière, dérivent les extrêmes
Michèle

Jusqu’à ta porte, Michèle
Maint’nant qu’ les larmes dardent mes paupières
Maint’nant qu’il pleut sur le velours mauve
Où tu reposes en paix
Maint’nant qu’ j’la porte du mieux qu’je peux
La croix de guerre

 
Encre Arabique
Le temps suspendu à leurs lèvres
Leurs voix jusqu’ici muselées
Au sud de l’occident, le jour se lève
Et les tyrans voient la nuit tomber
On voudrait rêver

Après le printemps, l’été
Le Sud qui se prend à rêver
Mais pour faire face aux pouvoirs en place
Combien sont tombés ?
Les révoltes et le vent ont soufflé
Et l’encre et le sang ont coulé
On voudrait crier, on voudrait prier
On voudrait rêver

Comment le sérum sans le venin
L’Homme sans le jasmin ?
La laine du mouton sans le tondre
Les révolutions sans ombre ?
Je voudrais prier

Le mélange, pas l’amalgame
La puissance, celle du nombre
La multitude et l’unité des âmes
Le bon sens sans cracher sur tant de saine colère

Après le printemps, l’été
Le Sud qui se prend à rêver
Mais pour faire face aux pouvoirs en place
Combien sont tombés ?
Les révoltes et le vent ont soufflé
Et l’encre et le sang ont coulé
On voudrait crier, on voudrait prier
On voudrait rêver

Sortir de l’enfer, fébriles
Liberté saignée
Ainsi soit-il, qu’en serait-il autrement ?
Si on pouvait expliquer

Après le printemps, l’été
Le Sud qui se prend à rêver
Mais pour faire face aux pouvoirs en place
Combien sont tombés ?
Les révoltes et le vent ont soufflé
Et l’encre et le sang ont coulé
On voudrait crier, on voudrait prier
On voudrait rêver

 
Aux Quatre Vents
Un 31 Décembre, elle a abandonné
Elle a quitté ses membres, elle a tué son nez
Elle a lissé ses cils, appelé ses enfants
Avant de quitter la ville, le monde là devant
Exposer son corps au sec, aux quatre rives
Aux quatre vents

Sous quelles latitudes peuvent finir les solitudes ?
J’ai pas l’habitude, cette attitude
A quelle altitude la vie est plus rude ?
Seule certitude : il fait moins chaud au Sud

J’te reverrai dans mes rêves, à l’improviste
Tu viendras me dire : « le jour se lève, il est si triste »
Nos histoires se heurtent, pardon, mais le suicide est un meurtre
Il tue tout autour de celui qui se tue
Même si c’est un cri d’amour qui s’est tu

Sous quelles latitudes peuvent finir les solitudes ?
J’ai pas l’habitude, cette attitude
A quelle altitude la vie est plus rude ?
Seule certitude : il fait moins chaud au Sud

Et ce que tu ressentais, à présent je le ressens
Et ça me fait trembler même, mais c’est encore une dent
Encore un de ces mensonges de la mort qui se prend
Pour plus belle que la vie qu’elle prend
Je n’ai plus de recul, je n’ai plus de maison
Explosée ma bulle, cette chanson

Sous quelles latitudes peuvent finir les solitudes ?
J’ai pas l’habitude, cette attitude
A quelle altitude la vie est plus rude ?
Seule certitude : il fait moins chaud au Sud

 
Le Bucher des Offenses
J’ai longtemps dialogué avec vous
Au plus fort des tempêtes, à la gloire déchue
J’ai longtemps dialogué avec vous
A la lumière des chalutiers et de leurs chaluts
Aux malheureux naufragés, jamais revenus de ces jouvences
J’ai longtemps dialogué avec vous
Dans la splendeur de l’obscurité
Pour danser vos danses, porter vos loques
Séduit par vos fulgurances

M’enflammer, éblouir mes yeux
Pieusement, peu à peu
Brûler l’existence
Au bûcher des offenses

J’ai longtemps dialogué avec vous
Malgré les crocs, malgré les frondes, les flèches dedans
Et j’ai entretenu cette entente
Ce jardin de mauvaise rente
Jusqu’à épouser vos formes difformes
Incandescentes
Et à vous chercher des raisons
Jusqu’à vous trouver mille excuses
Mais ce n’était que moi, si je ne m’abuse
Cette impossible muse
J’ai fini par implorer les anges
Pour reprendre le cours de ma vie
Laisser là la fange
Alors oui !
Oui j’ai prié comme un bon petit
« Comme nous pardonnons aussi à ceux qui… »

Enflammer, éblouir mes yeux
Pieusement, peu à peu
Brûler l’existence
Au bûcher des offenses

J’ai rompu avec vous
Mais je sais qu’il y aura toujours de l’affluence
Sous votre influence
Des foules pour se presser de faire de vous leur éminence
Dans l’espoir de voir un jour peut-être, le soleil plus beau
Mais conditionnés du concept
Et chacun son p’tit fagot

Au bûcher des offenses
Pieusement, peu à peu
Brûler l’existence
Au bûcher des offenses

Au bûcher des offenses
Au bûcher des offenses
Au bûcher des offenses
Au bûcher des offenses

 
Qui Je Suis
Je cherche qui je suis
Je cherche à la ronde
Une réponse à la nuit
Pour aller en ce monde
Je cherche ce petit plus
Je tombe sur ton regard
Pour faire un pas de plus
Et emboîter le hasard
Je vais un peu plus loin
Pendant que tombe le brouillard
Je cherche ce chemin
Perdu un jour quelque part

Je saurai les lunes
Connaîtrai le nom des vents
Ne ferai pas fortune
Irrésistiblement
Et quand bien même
Je ferais tourner la roue
Danser les tables
Mes mains et mes genoux
Fouilleront encore le sable
Je cherche qui je suis
Qui je suis

Je retournerai les cartes
Une à une au complet
Ne signerai pas de charte
Sur ma destinée
Autour du brasero
Je reconnaîtrai l’ami
Lui passerai de mon eau
Et s’il n’en veut pas, tant pis
Il reste mon ami

Je saurai les lunes
Connaîtrai le nom des vents
Ne ferai pas fortune
Irrésistiblement
Et quand bien même
Je ferais tourner la roue
Danser les tables
Mes mains et mes genoux
Fouilleront encore le sable
Je cherche qui je suis
Qui je suis

Je retourne ma veste
Je retrouve ma clé
J’ouvrirai ce qu’il reste
Quand ma doublure s’en sera allée
Je cours après minuit
Mais je trouverai maint’nant
J’embrasserai d’ici
Tout le noir et tout le blanc

Je saurai les lunes
Connaîtrai le nom des vents
Ne ferai pas fortune
Irrésistiblement
Et quand bien même
Je ferais tourner la roue
Danser les tables
Mes mains et mes genoux…

Je saurai les lunes
Connaîtrai le nom des vents
Ne ferai pas fortune
Irrésistiblement
Et quand bien même
Je ferais tourner la roue
Danser les tables
Mes mains et mes genoux
Fouilleront encore le sable
Je cherche

 
Au Bord de la Mer
Au bord de la mer
Au bord de la mer
Au bord de la mer
Au bord de
Au bord de
Au bord de l’eau

Y a le soleil, les parasols
Et les poubelles
De ceux qui ont trop d’ bol
De vivre

Au bord de la mer
Au bord de la mer
Au bord de la mer
Au bord de
Au bord de
Au bord de l’eau

Y a les enfants, les grands-parents
Et surtout les mamans
Qui lâchent leurs mômes
Ou ça ? Ben…

Au bord de la mer
Au bord de la mer
Au bord de la mer
Au bord de
Au bord de
Au bord de l’eau

On bronze en slip en buvant d’l’«ice-tea»
Pour moi ce s’ra une p’tite bière
Il fait si bon sur terre

Au bord de la mer
Au bord de la mer
Au bord de la mer
Au bord de
Au bord de
Au bord de l’eau

Un jour j’t’emmènerai, chérie
Sur une privée, à la frontière italienne
On mangera d’la «pasta alle vongole»
On n’aura jamais été aussi fiers d’être endettés !

Au bord de la mer
Au bord de la mer
Au bord de la mer
Au bord de
Au bord de
Au bord de l’eau

Et pour conclure, si je meurs hier
-Ou demain, c’est plus sûr-
Je voudrais que l’on m’enterre
Ou qu’on m’ incinère, je sais pas
J’ ai pas encore décidé
Mais une chose est sûre, c’est qu’ce s’ra

Au bord de la mer / Au bord de la mer
Au bord de la mer / Au bord de la mer
Au bord de la mer / Au bord de la mer
Au bord de
Au bord de
Au bord de l’eau

 
Dors d'Amour
Viens, sans plus partir, ou pars, sans jamais revenir
Assez craché le feu, avalé de travers
Combien de temps peut-on tenir encore ?
A se regarder le nombril, à écraser des larmes
Je veux lever le voile, au moins sur un morceau
Une parcelle de toi

Dors d’amour, et ferme les yeux pour voir
Dehors, le jour se lève encore sur autre chose
Dors, le soleil grille pour tout l’monde
Un torrent d’or sommeille quelque part en ce monde

Ton cœur bat comme ce volet, s’affole comme un feu follet
Tu découvres la coquille vide, le monde hurle à sa faillite
Crois-tu vraiment que des fées se seraient penchées sur nos berceaux ?
Je ne sais rien de tout cela, je porte sur l‘œil un bandeau
De superbes guenilles ramassées sous le saule
Pour couvrir tes épaules

Dors d’amour, et ferme les yeux pour voir
Dehors, le jour se lève encore sur autre chose
Dors, le soleil grille pour tout l’monde
Un torrent d’or sommeille quelque part en ce monde

Tu veux l’oubli qui cicatrise le passé, le présent
L’abri et la brise, vivre au vent
Courir, c’est pas la peine, et voir est un aveuglement
Laisse prendre toute la lumière, bon sang, à tes joues roses
Je veux souhaiter, et je te souhaite, le réveil doux
Les fontaines d’été, la fenêtre ouverte, et mille « nous »

Dors d’amour, et ferme les yeux pour voir
Dehors, le jour se lève encore sur autre chose
Dors, le soleil grille pour tout l’monde
Un torrent d’or sommeille quelque part en ce monde

Un torrent d’or sommeille

 
Veiller
Dans un bateau fantôme porté par le flux
Je suis resté comme un môme, ça j’ aurai pas cru
Infinie comme éphémère, la vie se moque de mes fins
Je me couche ainsi les yeux ouverts, et c’est déjà demain

Je veux veiller pour m’apercevoir
Qu’on est passé à l’avenir
Je veux veiller pour m’apercevoir
Qu’on est passé à l’avenir

Les soubresauts du monde ont vu tant de choses tourner mal
On aurait pu, on aurait du, mais nous n’avons pas
De ce côté du devenir, je ne me laverai plus les mains
Mais le temps que je couche ces mots pour le dire
Et c’est déjà demain

Je veux veiller pour m’apercevoir
Qu’on est passé à l’avenir
Je veux veiller pour m’apercevoir
Qu’on est passé à l’avenir

Passer, passer, passer
A l’avenir

Dans le silence ou le bruit, tendre l’oreille indispensable
‘Faut qu’on ait le sens de l’oubli, pour encore tourner les phrases
D’un livre écrit dans le sable, il y a déjà longtemps
Et si ce monde est juste impardonnable, dis-moi combien de temps

Combien de temps

Pour s’apercevoir
Qu’on est passé à l’avenir
Dis-moi combien de temps
Dis-moi combien de temps

Je veux veiller
Veiller
Je veux veiller
Veiller
Veiller
Veiller
Veiller

Les paroles des autres albums